Ancien plan du Vieux-Port de Marseille au 17ème siècle
Archives de la Ville de Marseille

La prise de Marseille et la construction du fort Saint-Nicolas et du fort Saint-Jean

Le 20 janvier 1660, le Duc de Mercoeur pénétrait dans Marseille, considérée comme trop rebelle par Louis XIV

Depuis le rattachement de la Provence au royaume de France en 1481, Marseille bénéficiait de privilèges que les rois devaient jurer de respecter avant de rentrer dans la ville par la porte Réale.

Louis XIV, qui gouverne désormais seul après son mariage et la fin de la régence avec le cardinal Mazarin, veut assoir son autorité et faire de la cité phocéenne un exemple.

Il déclare que Marseille est une ville rebelle qui doit être châtiée, prise par les armes, dont les rebelles doivent être punis, et dont les remparts doivent être démolis et remplacés par un fort, qui gardera la ville sous contrôle royal : le fort Saint-Nicolas, dont la construction sera suivie par celle du fort Saint-Jean.

Le 20 janvier 1660, le duc de Mercoeur et 7 000 soldats détruisent la porte Réale et prennent la ville, qui rend les armes. Le 2 mars 1660, Louix XIV entre dans Marseille, et sera présent au moment où la première pierre du fort Saint-Nicolas est posée.

Il y fera inscrire : 

De peur que la fidèle Marseille, trop souvent en proie aux criminelles agitations de quelques-uns perdit enfin la ville et le royaume, par la fougue des plus hardis ou par une trop grande passion de la liberté, Louis XIV a pourvu, en construisant cette Citadelle, à la sûreté des grands et du peuple…

L'objectif de ces forts est de protéger la ville, mais surtout de « mater l'esprit de trop grande liberté des Marseillais ». L'autre objectif est économique : Marseille est le plus grand port français sur la Méditerranée.

Quelques années plus tard, en 1669, Marseille retrouve une partie de ses privilèges et se voit exemptée de la taxe de 20% sur les marchandises qui pénètrent dans le royaume de France, et accorder le monopole du commerce avec le Levant.